
Après le Grand Col Ferret et ses 20 kilomètres de la veille, les jambes demandent grâce. L'étape 7 du Tour du Mont-Blanc leur accorde un répit. Pas de col majeur, un dénivelé modéré, un sentier qui traverse les villages du Val Ferret suisse entre forêts et alpages. L'arrivée à Champex-Lac, avec son lac alpin, ses barques et son jardin botanique, ressemble presque à des vacances dans les vacances. Pour celles et ceux qui connaissent déjà ce coin du Valais, la redécouvrir à pied après plusieurs jours de marche lui donne une toute autre saveur.
Accompagnateurs en montagne, nous connaissons bien ce basculement de rythme qui surprend les randonneurs habitués aux gros efforts des jours précédents. Cette étape « facile » du TMB n'est pourtant pas anodine : c'est celle où l'on prend le temps de regarder autour de soi, de découvrir l'architecture montagnarde valaisanne et de recharger les batteries avant la Fenêtre d'Arpette ou le col de Bovine qui attendent le lendemain.
| Distance | ~15,3 km |
| Dénivelé positif | +592 m |
| Dénivelé négatif | -794 m |
| Point haut | ~1 630 m (après La Fouly) |
| Durée estimée | 4h30 à 5h30 de marche effective |
| Difficulté | 2/5 |
| Départ | La Fouly (1 593 m) |
| Arrivée | Champex-Lac (1 466 m) |
Note : c'est l'étape la plus courte et la plus facile du TMB. Elle peut être fusionnée avec la fin de l'étape 6 (Grand Col Ferret) dans les itinéraires en 10 jours. Certains randonneurs pressés combinent les deux, mais c'est dommage : l'arrivée tardive à Champex prive de la baignade et du jardin botanique.
On quitte La Fouly par un sentier en rive droite de la Dranse de Ferret. La rivière, alimentée par les glaciers du Mont Dolent et de Saleina, accompagne la première partie de l'étape d'un bruit de fond continu. Le sentier traverse d'abord une forêt d'épicéas et de mélèzes avant de déboucher sur les prés de fauche du hameau des Arlaches.
C'est dans cette section que les raccards se font omniprésents. Ces petits greniers en bois bruni, perchés sur des pilotis et coiffés de dalles de pierre plates, servaient à stocker les grains à l'abri des rongeurs. Les dalles, posées sur chaque pilier, créaient une barrière infranchissable pour les souris. Fonctionnels et élégants, ils sont devenus l'emblème architectural du Valais. On en croise des dizaines entre La Fouly et Champex, dans des états de conservation variables, certains reconvertis en annexes d'habitation, d'autres encore debout par la seule grâce de leur charpente. Pour les Romands, ces constructions font partie du paysage familier, mais les observer une à une sur le sentier permet de les regarder avec un oeil neuf.
Le sentier passe par Les Arlaches puis rejoint Praz-de-Fort (1 151 m), le village le plus important de la vallée avant Champex. L'église, les fontaines, les façades de bois noirci par le temps : on est dans la Suisse romande profonde, celle qui vit de l'élevage et du bois, loin du tourisme de masse. Un petit magasin et un café permettent de faire une pause et de remplir les gourdes.
Praz-de-Fort est aussi le point de départ de courses alpines vers la cabane de Saleina et la cabane de l'A Neuve, nid d'aigle posé face au Mont Dolent (3 823 m), le sommet aux trois frontières. Ces refuges de haute montagne sont fréquentés par les alpinistes qui visent les sommets de l'Aiguille d'Argentière (3 900 m) ou du Chardonnet (3 824 m). Depuis le sentier du TMB, on les devine parfois, minuscules points clairs accrochés à la roche.
Après Praz-de-Fort, le chemin remonte légèrement vers le hameau d'Issert (1 055 m), puis traverse une zone de pâturages ouverts. Les vaches d'Hérens, petites et combatives, sont ici chez elles. Elles se battent naturellement pour établir la hiérarchie du troupeau, un spectacle que les Valaisans ont élevé au rang de tradition avec les célèbres combats de reines. Pour qui a déjà assisté à l'un de ces rassemblements à Aproz ou ailleurs dans le canton, croiser ces bêtes sur le sentier prend une dimension toute particulière.
Après Issert, le sentier quitte le fond de la vallée et remonte en forêt vers Champex. C'est la seule vraie montée de la journée : environ 400 mètres de dénivelé sur un sentier en lacets à travers une forêt de résineux. La pente est régulière et ombragée, agréable même par temps chaud.
La surprise vient à l'arrivée. Après des heures de marche dans une vallée alpine classique, on débouche sur un lac. Champex-Lac (1 466 m) apparaît comme un petit monde à part : un lac ovale, des barques amarrées, des hôtels aux volets fleuris, un jardin botanique alpin. Le surnom de « petit Canada suisse » prend tout son sens quand on longe la rive bordée de conifères et qu'on aperçoit les sommets enneigés en toile de fond. Bon nombre de randonneurs suisses connaissent déjà Champex pour y avoir passé un week-end ou une journée d'excursion, mais y arriver à pied après une semaine de TMB lui confère un charme tout différent.
Champex-Lac est un village-station discret, sans la frénésie de Courmayeur ni l'austérité des refuges d'altitude. C'est l'endroit idéal pour une demi-journée de récupération.
C'est aussi l'occasion de faire des lessives, de sécher le matériel et de préparer la suite. L'étape du lendemain, vers Trient, propose un choix crucial entre l'alpage de Bovine (bucolique) et la Fenêtre d'Arpette (engagée). Champex est le bon moment pour consulter la météo et décider.
Champex offre un choix d'hébergements plus varié que la plupart des étapes du TMB :
Réservation indispensable en juillet-août. Champex est une étape populaire et la capacité reste limitée. Réserver au moins une semaine à l'avance.
L'eau est facilement accessible tout au long de l'étape : fontaines à La Fouly, aux Arlaches, à Praz-de-Fort et à Champex. Pas de section sèche. Le magasin de Praz-de-Fort permet un ravitaillement léger. À Champex, on trouve une épicerie bien approvisionnée (attention aux horaires : fermeture entre 12h et 14h).
Cette étape ne pose pas de problème météo particulier : pas de col exposé, sentier essentiellement en forêt ou en fond de vallée. On peut se permettre un départ tardif (9h) et arriver à Champex en début d'après-midi, ce qui laisse du temps pour le lac et le jardin botanique.
En cas de pluie, le sentier forestier entre Issert et Champex peut devenir boueux. Rien de technique, mais les bâtons sont utiles pour la stabilité dans les montées.
Comptez 4h30 à 5h30 de marche effective, selon votre rythme. Avec les pauses au village de Praz-de-Fort et l'arrivée à Champex, prévoyez 6 à 7 heures au total. C'est l'étape la plus courte du TMB, idéale pour récupérer.
Oui, c'est même courant dans les itinéraires en 7 jours. Combiner Grand Col Ferret + La Fouly → Champex en une seule journée est faisable pour des marcheurs entraînés, mais cela représente environ 35 km et 1 500 m de D+. On peut aussi combiner Champex → Trient avec La Fouly → Champex, en partant tôt et en passant par Bovine (pas par la Fenêtre d'Arpette, trop longue). Dans notre TMB en 7 jours, nous utilisons un transfert Champex-La Fouly pour optimiser l'itinéraire.
Absolument. Champex est l'un des rares endroits du TMB où l'on peut véritablement se poser : lac, terrasses, jardin botanique, commerces. Après plusieurs jours de marche intensive, cette pause fait du bien au corps et au moral. Passer Champex pour aller plus vite, c'est se priver d'un des charmes du TMB suisse.
Depuis Champex, l'étape suivante mène à Trient avec un choix qui divise les randonneurs : l'alpage de Bovine pour la douceur, ou la Fenêtre d'Arpette (2 665 m) pour le grand frisson. C'est l'une des décisions les plus discutées du TMB.
Pour replacer cette étape dans l'ensemble du circuit, le guide complet du Tour du Mont-Blanc détaille les 11 étapes, les variantes et la logistique. Si vous souhaitez vivre le TMB en version confort avec hébergements sélectionnés et guide dédié, le TMB en 7 jours avec Altimood condense le meilleur du circuit sur une semaine.
Vous venez de l'étape 6, du Refuge Bonatti à La Fouly par le Grand Col Ferret : le basculement Italie-Suisse est encore frais. Devant, les dernières étapes ramènent progressivement vers Chamonix.