
Il existe plusieurs façons de partir marcher sur plusieurs jours, de l’autonomie totale au séjour privatisé avec un professionnel. Le quiz ci-dessous vous pose 9 questions afin de vous situer dans ce gradient d’organisation : votre expérience, la destination, votre aisance en navigation, votre curiosité pour ce que vous traversez, votre groupe, vos dates et votre budget. La suite de cet article détaille les grandes lignes de chaque formule : autonomie, en liberté, accompagné, privatisé. Les montants sont libellés en euros, et le change joue actuellement dans votre sens.
Votre expérience de l'itinérance de plusieurs jours :
Où partez-vous ?
Le balisage disparaît sous un névé à 2 400 m et le brouillard monte de la vallée.
Vers 2 500 m, un oiseau de la taille d'une poule s'envole à 3 m de vos chaussures. Il est blanc et brun, comme s'il avait changé de plumage à moitié.
Le temps que vous acceptez de consacrer à l'organisation :
Avec qui partez-vous ?
Vos dates :
Votre budget pour une semaine, par personne, hors transport :
Le soir à l'étape, vous préférez :

Expérience de l’itinérance, aisance à la carte, envie de tout décider : vous avez tout pour monter votre itinéraire vous-même. Le plancher budgétaire est de votre côté, la charge d’organisation également. Votre position géographique renforce ce choix plutôt qu’elle ne le nuance : l’étape qui vous inquiète se reconnaît un samedi de juin en aller-retour depuis la vallée, et un projet reporté vous coûte un billet de train. 2 réflexes pour un premier itinéraire côté français : composer un programme un peu court, quitte à l’étoffer sur place si la météo et la forme le permettent ; et retenir que le numéro d’urgence est le 112, non le 1414, la Rega n’intervenant pas de ce côté de la frontière.

Vous savez naviguer, vous souhaitez conserver votre rythme et votre groupe, sans pour autant consacrer vos soirées d’hiver à des réservations de refuges. La formule liberté vous retire l’organisation et vous laisse l’intégralité des décisions de terrain, ce qui correspond exactement à vos réponses. Notre page consacrée à la randonnée en liberté détaille les prestations comprises, les prix, la question du portage des bagages et les massifs qui s’y prêtent le mieux. N’hésitez pas à nous exposer votre projet même sous cette forme : nous le cadrons avec vous et le transmettons à une agence partenaire spécialisée, qui organise sans marcher avec vous.

Vos réponses dessinent quelqu’un qui souhaite marcher sans porter la décision, rencontrer du monde, et à qui les dates programmées ne posent aucune difficulté. Il s’agit de la formule la plus simple à réserver et de la plus économique des formules guidées. Consultez nos treks dans les Alpes et les dates ouvertes de la saison, puis vérifiez le niveau annoncé sur notre échelle de difficulté avant de vous inscrire. Un demi-niveau d’écart se rattrape, 2 niveaux gâchent la semaine. Une réserve de calendrier : ces dates suivent les zones de vacances françaises, qui se décalent régulièrement des calendriers vaudois, genevois et valaisans.

Vous partez avec un groupe déjà formé, ou avec des rythmes trop différents pour un départ collectif, et vos dates ne sont pas négociables. La privatisation répond aux 3 exigences à la fois : votre groupe, vos dates, et un itinéraire qui s’ajuste au niveau réel des participants. Notre page sur la randonnée sur mesure expose la manière dont se construit ce type de séjour, délais compris. Un point de calendrier : les bonnes semaines se réservent plusieurs mois à l’avance en toute saison, et dès février pour juillet et août. Écrivez-nous même si votre projet demeure imprécis, nous vous aiderons à le formuler.
Dites-nous en 2 lignes ce que vous préparez : nous vous répondons et vous orientons :
Chez Altimood, notre cœur de métier est la randonnée guidée : marcher avec quelqu’un qui connaît le territoire, et prendre en charge la logistique le temps d’une semaine. Il s’agit d’une façon de voyager parmi d’autres. Cette page déroule les autres afin que vous choisissiez celle qui vous correspond aujourd’hui, étant entendu que vos envies auront peut-être évolué l’été prochain. Quelle que soit celle qui ressort, écrivez-nous : nous préparons également des projets que nous n’encadrons pas nous-mêmes.
Le principal élément de l’échelle ci-après est ce que vous déléguez. L’organisation d’une part, la décision sur le terrain de l’autre. Ces 2 charges se délèguent séparément, et c’est précisément ce qui sépare un séjour auto-organisé d’une randonnée en liberté, et les 2 d’un trek accompagné.
| Formule | Vous organisez | Qui décide sur le terrain | Le groupe | Les dates | Coût, ordre de grandeur, 7 jours |
|---|---|---|---|---|---|
| 1. Autonomie totale | Tout | Vous | Le vôtre | Libres | 150 à 600 € |
| 2. En liberté | Vos trajets et vos midis | Vous | Le vôtre | Libres | 800 à 1 500 € |
| 3. Guidé en groupe ouvert | Rien, hors trajet | L’accompagnateur | 6 à 12 inconnus | Programmées | 900 à 2 300 € |
| 4. Guidé privatisé | Rien, hors trajet | L’accompagnateur, avec vous | Le vôtre | Les vôtres | Devis, dès 350 € / jour |
À noter. La colonne « qui décide sur le terrain » sépare les formules 1 et 2 des suivantes : en liberté, vos étapes sont réservées et vos bagages transférés, mais le matin où le plafond descend, c’est vous qui choisissez entre monter au col et prendre le fond de vallée. Il s’agit de la ligne de partage réelle, et elle passe au milieu de ce que l’étiquette « tout organisé » recouvre.
La colonne des dates, quant à elle, sépare la formule 3 des autres. Un départ programmé constitue le seul échelon où vous ne choisissez ni votre groupe ni votre semaine. Pour beaucoup, il s’agit d’un détail ; pour qui dépend d’un calendrier scolaire cantonal, l’obstacle est réel, et c’est ce qui fait basculer vers la privatisation plutôt que vers la liberté.
Un lecteur de Suisse romande lit cette échelle depuis une position particulière, et il convient de le dire avant d’entrer dans le détail : la proximité renforce la première ligne. Les Écrins se rejoignent en un peu moins de 4 heures de route depuis le Léman, le Vercors en 3, et cela change la nature du pari. Le col qui vous inquiète se reconnaît un samedi de juin. Une fenêtre météo exécrable se contourne en décalant le départ de 15 jours, pour le prix d’un billet de train. Ce que d’autres lecteurs achètent sous forme de sécurité ou de repérage délégué, vous pouvez l’obtenir en y allant vous-même. La conséquence est directe : plus votre pratique est établie, moins les formules 2 à 4 se justifient par la compétence, et plus elles se justifient uniquement par le temps qu’elles vous font gagner.
Vous tracez l’itinéraire, vous réservez ou vous bivouaquez, vous portez, vous naviguez, vous décidez. Personne n’a de compte à vous rendre et vous n’en avez à personne.
À qui cela convient : à ceux qui ont déjà bouclé plusieurs itinérances. Remonter un azimut dans le brouillard et évaluer un névé de fin juin sont des gestes qui se calent en les pratiquant, et chaque itinérance bouclée élargit le terrain où l’autonomie demeure confortable. Quelques traversées de cabane en cabane réservées par vos soins, une habitude de la cotation T et des courses au-dessus de 2 500 m suffisent à vous placer ici. Autant l’écrire clairement, même si cela dessert nos propres prestations : pour ce profil-là, une semaine dans les Écrins ou le Vercors ne demande aucun intermédiaire.
Ce que cela coûte : hors équipement, entre 150 et 600 € pour une semaine dans les Alpes selon que vous dormez dehors ou en refuge. Il s’agit du plancher absolu, et rien ne le battra jamais si vous êtes un pratiquant régulier. En francs, l’écart avec une semaine encadrée finance sans difficulté 3 ou 4 week-ends de reconnaissance dans l’année.
Ce qui change réellement en passant la frontière, et c’est le seul vrai sujet : le fonctionnement français, non la montagne. Le balisage GR se compose de 2 traits horizontaux, un blanc et un rouge, qui indiquent la direction et la continuité de l’itinéraire mais jamais la durée restante : la valeur horaire affichée à chaque bifurcation par les panneaux jaunes n’a pas d’équivalent, et le blanc-rouge-blanc auquel vous associez le chemin de montagne y désigne simplement un sentier de grande randonnée, quel que soit son engagement. Le vocabulaire de l’hébergement se décale de la même manière : ce que vous appelez une cabane du CAS se nomme refuge en France, le mot cabane y désignant un abri non gardé, sans repas ni réservation, et le gîte d’étape est une auberge de vallée accessible par la route, sans équivalent exact chez vous. Enfin, le numéro est le 112 et non le 1414 : votre carte de donateur Rega ne couvre pas ce versant. Ces 3 écarts s’apprennent en une sortie.
Pour que cela fonctionne : un planning taillé sur ce que les jambes tiennent au troisième jour. La fatigue s’additionne, la moyenne horaire d’une belle journée ne s’y retrouve plus, et des nuits déjà payées suppriment la marge de repli. Un repère chiffré tient lieu de garde-fou : sur une itinérance sac au dos, comptez 300 à 400 m de dénivelé par jour si vous marchez peu, 600 à 700 m si vous sortez chaque week-end, 900 à 1 100 m si la montagne occupe une place régulière dans votre année. Notre échelle de difficulté détaille ces fourchettes niveau par niveau et les met en regard des cotations que vous employez. Pour dormir, la comparaison entre gîte et refuge précise ce que recouvrent ces deux mots, qui ne désignent ni la même nuit ni le même prix.
Vos hébergements sont réservés, vos bagages passent d’une étape à l’autre pendant que vous marchez, un carnet de route accompagné des traces et des cartes vous parvient avant le départ, et une ligne téléphonique demeure ouverte durant tout le séjour. Vous marchez seuls, à votre rythme, sans personne devant.
À qui cela convient : à ceux qui savent lire un balisage et une carte, qui souhaitent la logistique en moins et la liberté en plus. La formule retire ce que l’autonomie comporte de fastidieux sans toucher à une seule des décisions qui en font l’intérêt. Pour un lecteur romand, la valeur se situe précisément là et nulle part ailleurs : vous n’achetez ni compétence ni sécurité, vous achetez 6 nuits réservées dans un pays dont vous ne connaissez pas les hébergeurs, et un véhicule qui déplace vos sacs d’une vallée à l’autre.
Ce que cela coûte : 800 à 1 500 € pour 7 à 10 jours sur un itinéraire tel que le Tour du Mont-Blanc, portage des bagages compris. Rapporté au coût d’une semaine équivalente facturée en francs, l’écart de change reste favorable.
Pour que cela fonctionne : lire la rubrique des prestations avant de réserver, car c’est elle qui indique jusqu’où va le service. La ligne d’assistance replanifie une nuit d’hôtel. Pour une cheville tordue à 2 heures d’un col, c’est le 112. Le détail des prestations comprises, les prix ligne par ligne et la question du portage sont traités sur notre page dédiée à la randonnée en liberté, qui indique également les massifs où le transfert de bagages est possible et ceux où il ne l’est pas.
Une précision de vocabulaire, utile au moment de comparer deux offres : la demi-pension française couvre le souper et le petit-déjeuner du lendemain, jamais le repas de midi, exactement comme en cabane. Le pique-nique reste à votre charge dans les formules 1 et 2, et il est compris dans les formules 3 et 4.
Des dates fixées à l’avance, une inscription individuelle, un accompagnateur en montagne diplômé d’État, et des compagnons de marche que vous rencontrez à la gare. Chez nous, la plupart des séjours sont confirmés dès 6 participants.
À qui cela convient : à qui part seul et n’a pas envie de souper seul, à qui découvre l’itinérance, à qui souhaite mettre des noms sur ce qu’il traverse. Et à ceux dont les congés demeurent souples.
Ce que cela coûte : entre 120 et 270 € par jour et par personne selon l’hébergement et le massif, tout compris hors transport. Une traversée des Écrins en 5 jours démarre à 685 €, le Tour du Mont-Blanc en 7 jours à 1 860 € parce que la vallée de Chamonix coûte ce qu’elle coûte. Ces montants comprennent les nuits, l’ensemble des repas et l’encadrement, ce qui rend toute comparaison directe avec la liberté trompeuse tant que les soupers et les pique-niques n’ont pas été ajoutés en face.
Pour que cela fonctionne : s’inscrire sur son niveau réel plutôt qu’un cran au-dessus. Un demi-niveau d’écart se rattrape sans drame, 2 niveaux transforment la semaine en épreuve, pour vous comme pour les autres. Notre échelle de difficulté est rédigée pour être lue avant de réserver ; les catégories commerciales françaises, de « promeneur » à « sportif », ne se superposent ni entre elles ni avec l’échelle T.
Votre groupe. Vos dates. Un accompagnateur avec vous. L’itinéraire se cale sur le niveau réel des participants, et il évolue en cours de route si la météo ou la forme l’exigent.
À qui cela convient : à un groupe déjà formé, à des allures trop écartées pour un départ collectif, à des dates qui ne bougent pas. Il s’agit de la formule qui répond à une bonne moitié des demandes qui nous parviennent : une famille aux rythmes très différents, 4 amis qui ne souhaitent partager leur semaine avec personne, une équipe de travail, un anniversaire.
Ce que cela coûte : le prix du séjour dépend des coûts liés à son organisation, divisés par le nombre de participants. Plus vous êtes nombreux, plus une partie de ces coûts est mutualisée : le tarif est donc dégressif, nettement entre 2 et 7 personnes. Au-delà, le prix par personne tend à se stabiliser.
Pour que cela fonctionne : nous écrire tôt, quelle que soit la saison visée et quitte à ne rien figer. Un séjour privé demande du repérage, des réservations en refuge et une disponibilité qui se cale plusieurs mois à l’avance. Sur juillet et août, c’est dès février. Les délais réels varient d’un massif à l’autre, et notre page consacrée à la randonnée sur mesure dans les Alpes les détaille destination par destination.
Une réserve, posée sans détour. En dessous de 4 participants, cette formule est la plus chère par personne des 4, et elle ne s’impose pas : un groupe de proches qui sait marcher et lire une carte accomplira la même semaine en liberté, ou de bout en bout par ses propres moyens, pour une fraction du devis. Ce qui s’achète ici, ce sont vos dates exactes et quelqu’un qui absorbe les écarts de rythme. Si ces 2 points ne posent pas de difficulté chez vous, ne payez pas pour eux.
Un carnet de route décrit un itinéraire tel qu’il était au moment de sa rédaction. Il le décrit très bien. Voici 6 choses qu’il ne fait pas, et que l’accompagnateur fait à sa place.
Décider du repli. Vers 13 h, les cumulus grossissent par le sud-ouest et le col se trouve encore à une heure. La décision se prend à ce moment-là, avec la carte, l’heure et l’état du groupe. Attendre la première goutte pour trancher, c’est avoir déjà décidé trop tard.
Changer d’itinéraire le matin même. Neige résiduelle sur le versant nord, torrent gonflé par l’orage de la veille, refuge qui appelle pour signaler qu’il n’a plus d’eau. Une variante se substitue à l’étape prévue, et le séjour se poursuit au lieu de s’interrompre.
Lire le terrain lorsque la trace disparaît. Sous un névé tardif, dans un pierrier après une coulée, ou simplement dans une zone d’alpage où le sentier se divise en 10 sentes à vaches. Retrouver la bonne ligne suppose de lire le relief, non de chercher une marque rouge et blanche.
Gérer un incident loin de la route. Une entorse à 3 heures d’une piste change la nature de la journée. Immobiliser, arbitrer entre l’évacuation autonome et l’appel aux secours, garder le reste du groupe utile et au chaud : c’est le cœur de la formation d’un accompagnateur, et cela se décide plus rapidement lorsqu’on l’a déjà fait. Rappel du numéro : 112, et non 1414.
Nommer ce que vous traversez. Le chardon bleu qui pousse là et nulle part ailleurs, le chamois qui s’est arrêté à 200 m et vous observe, la raison pour laquelle cette combe est pelée et celle d’à côté boisée. Ces choses-là se voient une fois qu’on les a vues ensemble, et ensuite elles ne se manquent plus. C’est ce que les participants nous disent en fin de séjour.
Faire marcher ensemble un groupe hétérogène. 2 allures se gèrent, 4 se pilotent. Placer les pauses avant que la fatigue s’installe, proposer une variante à ceux qui en veulent davantage, placer le plus lent devant sans que cela ressemble à une punition. C’est invisible lorsque c’est bien fait, et c’est ce qui décide de l’ambiance du soir.
Un séjour encadré retire des choses, et si elles comptent pour vous, il s’agit peut-être du mode d’organisation à choisir :
Le rythme, d’abord. En liberté, personne ne vous attend et vous n’attendez personne. Vous pouvez demeurer 2 heures au bord d’un lac parce qu’il fait beau et que rien ne presse, ou avaler l’étape en 4 heures parce que vous avez les jambes ce jour-là. Un groupe, même bien conduit, marche à une allure moyenne, celle qui laisse le temps de profiter sans distancer personne.
L’intimité, ensuite. Un couple qui part une semaine à deux ne vit pas la même semaine qu’un couple au sein d’un groupe de 10. L’enjeu réside dans ce dont on parle le soir.
Le budget.
Et le simple fait de ne rien devoir à personne : la journée vous appartient, les erreurs aussi.
Lorsque ces 4 points pèsent plus lourd que le confort d’une décision déléguée, la liberté est la bonne réponse, et c’est également ce que nous répondons au téléphone.
Le choix de la formule se joue en grande partie sur l’auto-évaluation qui le précède.
À itinéraire égal, le dénivelé demeure le même avec ou sans accompagnateur : votre niveau décide de la traversée que vous visez, et la formule se choisit ensuite. Un accompagnateur modifie néanmoins la façon dont l’effort se répartit sur la semaine, en plaçant les pauses et l’allure avant que la fatigue s’installe. Notre test quel est mon niveau de randonnée en 7 questions donne un repère de 1 à 5, celui qui figure sur chacun de nos séjours et qui se lit en regard des cotations T : servez-vous-en pour caler l’itinéraire à votre portée, en liberté comme en guidé.
Le premier critère n’est pas une compétence, c’est une envie : celle de comprendre ce que vous traversez. Le soir, en repensant à la journée, êtes-vous satisfait d’avoir marché, ou vous manque-t-il quelque chose parce que vous êtes passé devant sans rien savoir de ce que vous aviez sous les yeux ? Les 2 réponses sont bonnes, et elles n’envoient pas au même endroit. La première s’accorde très bien avec la liberté, qui vous donne la marche, le silence et votre rythme, et à laquelle un accompagnateur n’ajouterait qu’une présence supplémentaire. La seconde ne se comble pas au moyen d’un topo-guide : la faune, la flore, la géologie du massif et ce que les hommes ont fait de ces vallées ne se révisent pas la veille, cela se raconte sur place, par quelqu’un qui parcourt le même terrain toute l’année.
Vient ensuite la navigation, qui se mesure tout autrement. 3 questions suffisent à la trancher. Savez-vous orienter une carte sans consulter votre téléphone ? Avez-vous déjà retrouvé un sentier perdu en vous recalant sur une ligne de crête ? Que faites-vous si la batterie tombe à 15 h avec 2 heures de descente devant vous ? 3 « non » orientent vers un itinéraire balisé et fréquenté, où la navigation ne porte pas la journée. La carte IGN au 1/25 000 se lit du reste comme une feuille swisstopo, avec des conventions de figuré très proches : c’est le balisage qui change, non la carte.
Un troisième paramètre a son importance entre la liberté et l’encadrement lorsque les 2 premiers sont au vert : l’écart de niveau à l’intérieur du groupe. 4 marcheurs comparables partent très bien en liberté. Un groupe où un adolescent monte 2 fois plus vite que ses grands-parents se joue là : soit chacun se cale sur le plus lent, soit quelqu’un dont c’est le métier fait tenir les 2 allures. C’est ce que la privatisation résout.
Reste le terrain lui-même, qui déplace le curseur bien plus souvent qu’un manque de niveau. La même personne marche en autonomie dans le massif qu’elle a sous les yeux depuis 15 ans, et prend un guide dans les Dolomites. Ce qui change n’est pas son niveau : c’est la langue au refuge, la manière d’y réserver et d’y souper à 18 h, le numéro des secours, le versant sur lequel l’orage se forme l’après-midi. Depuis la Suisse romande, cet écart se referme presque entièrement pour les Alpes françaises, où la langue est la vôtre et où une reconnaissance d’une journée suffit à régler le reste ; il demeure entier dès que vous visez le Tyrol, les Dolomites ou un versant dont vous ne parlez pas la langue. C’est là, et surtout là, qu’une première fois accompagnée fait gagner du temps. Le Tour du Mont-Blanc occupe une position intermédiaire : il traverse 3 pays, dont un tiers de tracé valaisan que vous avez peut-être déjà parcouru.
Si le test en 9 questions, en haut de cette page, vous oriente vers une randonnée guidée, le catalogue complet figure sur la page des treks dans les Alpes, avec les dates ouvertes de la saison et le niveau de chaque séjour. Pour un séjour privé, un courriel (bonjouraltimood.com ) suffit à ouvrir la discussion.
Si le résultat vous oriente vers la liberté, commencez par notre page randonnée en liberté, puis consultez le catalogue de Grand Angle, l’agence avec laquelle nous travaillons pour les séjours en liberté. En indiquant le code ALTIMOOD lors de l’inscription, les frais de dossier (15 CHF/pers) vous sont offerts. Vous pouvez également nous écrire directement : nous cadrons le projet avec vous et transmettons votre demande à la bonne personne chez Grand Angle.
Et si le résultat vous oriente vers l’autonomie, la préparation complète vous appartient, ce qui constitue une conclusion parfaitement recevable et probablement la plus fréquente pour un lecteur qui marche déjà régulièrement de ce côté-ci des Alpes. 2 points méritent d’être réglés avant le départ. Le premier : votre couverture. Le secours en montagne français relève du service public et ne vous sera pas facturé, mais votre carte de donateur Rega ne s’applique pas au-delà de la frontière, et les soins ainsi que le rapatriement, eux, se facturent ; une assurance accident complémentaire couvrant la marche en altitude règle la question. Le second : une reconnaissance, puisqu’elle vous est accessible. Une journée sur l’étape qui vous inquiète vaut davantage que 3 soirées de lecture. Le curseur se redéplacera le jour où vous viserez un massif dont vous n’avez aucun repère, ou l’année où vous n’aurez pas eu le temps de préparer vos vacances.
Accompagnée, sauf si votre itinéraire est intégralement balisé, fréquenté, et parcouru en plein été une fois les névés fondus. Il ne s’agit pas d’une question de danger mais de charge : sur une première semaine avec le sac, la fatigue du troisième jour et les décisions du terrain arrivent simultanément. Déléguer les secondes rend la première supportable. Il existe un entre-deux, et c’est la liberté : sur un grand itinéraire où l’on croise du monde à chaque étape, une erreur de navigation se corrige en demandant.
Pas en elle-même. Le risque tient à l’écart entre le terrain choisi et le niveau réel. Le sentier balisé parcouru en plein été constitue le terrain le plus fréquenté et le moins accidentogène des Alpes, et l’immense majorité des marcheurs qui l’empruntent n’ont jamais eu besoin de personne. Les situations qui tournent mal présentent le même dénominateur commun : un itinéraire sorti du balisage, une saison où la neige tient encore, ou un programme trop serré qui pousse à passer alors qu’il fallait renoncer.
Sur une semaine, entre 400 et 900 € par personne. Un Tour du Mont-Blanc en liberté se situe entre 800 et 1 500 € pour 7 à 10 jours, la même boucle en 7 jours encadrée revient à 1 860 €. L’écart correspond à la présence d’un professionnel pendant toute la durée du séjour, divisée par le nombre de participants. Il se resserre nettement sur les massifs où l’hébergement coûte moins cher qu’en vallée de Chamonix. Le change atténue l’ensemble de ces montants pour un budget tenu en francs.
Sur un GR balisé en été, oui, avec une trace GPS et une batterie externe. Dès que l’itinéraire quitte le balisage, dépasse 2 500 m ou traverse un secteur d’alpage où les sentes se multiplient, non. Un carnet de route décrit le chemin, il ne vous recale pas lorsque vous l’avez quitté. Une remarque propre au versant français : l’absence de durées affichées aux bifurcations vous prive d’un repère auquel l’habitude suisse vous a accoutumé, et c’est le carnet de route qui le remplace.
En autonomie et en liberté, c’est vous qui décidez, et une nuit peut éventuellement être replanifiée si vous renoncez à une étape. En séjour encadré, ouvert ou privatisé, l’accompagnateur adopte la variante préparée au repérage et le séjour se poursuit, parce qu’une semaine ne se reporte pas. Il s’agit de la différence la plus concrète entre les 4 formules, et de celle qui se voit le moins tant que le ciel demeure bleu. À 3 heures de route, une cinquième option existe et n’appartient qu’à l’autonomie : décaler le départ de 15 jours.
Par jour d’encadrement, pas nécessairement. Une journée privatisée démarre à 350 € pour 1 à 5 personnes, soit 70 € par personne à 5, l’ordre de grandeur d’une journée en groupe ouvert. Ce qui change, c’est que sur un séjour de plusieurs jours l’hébergement et les repas s’ajoutent au devis, y compris la part du professionnel. Plus vous êtes nombreux, plus l’écart se referme, et au-delà de 10 participants la formule groupe constitué devient souvent la plus avantageuse par personne.
Oui, et c’est le poste qui se règle en dernier lorsqu’on part en autonomie. Le secours en montagne français relève du service public et ne vous sera pas facturé, ce qui ne dispense ni des soins ni du rapatriement, tous deux à votre charge : votre carte de donateur Rega ne vaut pas de ce côté de la frontière, et votre assurance ménage ou votre carte de crédit couvre rarement l’annulation d’un séjour de marche. Une annulation de dernière minute sur un séjour réservé ne se rembourse pas sans garantie. Nos séjours tout compris demandent une assurance trek.